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Instauré par la loi 2014-288 du 5 mars 2014 en remplacement du droit individuel à la formation (DIF), le compte personnel de formation (CPF) est ouvert à toute personne, dès son entrée sur le marché du travail, et permet à son titulaire de suivre, à son initiative, des actions de formation.
Depuis sa création, le CPF est alimenté en heures de formation, dont le nombre varie en fonction de la durée du travail du salarié. À compter du 1er janvier 2019, ce compte est crédité en euros (C. trav. art. L 6323-2 modifié).
Comme aujourd'hui, ce crédit demeure acquis en cas de changement de situation professionnelle ou de perte d'emploi du titulaire du compte. Il est précisé que le CPF cesse d'être alimenté et que les droits qui y sont inscrits sont gelés dès que le salarié remplit les conditions d'un départ à la retraite. 
Le compte du salarié ayant effectué une durée du travail supérieure ou égale à la moitié de la durée légale ou conventionnelle du travail sur l'ensemble de l'année est alimenté à la fin de cette année dans la limite d'un plafond, dont la valeur ne peut excéder 10 fois le montant annuel. Autrement dit, le salarié travaillant à mi-temps bénéficie des mêmes droits que celui travaillant à temps plein, contrairement au droit actuel.
Les droits des salariés ayant effectué une durée du travail inférieure sont calculés à due proportion de leur durée de travail (C. trav. art. L 6323-11, al. 1 et 2 modifiés).
Selon le Gouvernement, le montant du crédit annuel de base devrait être fixé à 500 € dans la limite d'un plafond de 5 000 €. 
Un accord d'entreprise ou de groupe peut définir les actions de formation éligibles pour lesquelles l'employeur s'engage à financer des abondements complémentaires en sus du crédit annuel qu'il accorde à ses salariés. Dans ce cas, l'entreprise a la faculté de prendre en charge tous les frais engagés et d'en demander le remboursement à la Caisse des dépôts et consignations dans la limite des droits inscrits sur le compte de chaque salarié concerné.
Autrement dit, l'employeur avance les frais de la formation avant de demander à la Caisse des dépôts et consignations le remboursement de la part correspondant aux droits acquis par le salarié, le surplus restant à sa charge au titre de l'abondement, aucune imputation n'étant possible sur sa contribution financière.
Les droits en euros inscrits sur le CPF permettent à son titulaire de financer une formation qui y est éligible. 
À compter du 1er janvier 2019, peuvent être financées par le CPF toutes les actions de formation sanctionnées par les certifications professionnelles enregistrées au répertoire national, par les attestations de validation de blocs de compétences et par les certifications et habilitations enregistrées dans le répertoire spécifique comprenant notamment la certification Cléa relative au socle de connaissances et de compétences professionnelles (C. trav. art. L 6323-6, I modifié).
 
Comme aujourd'hui, sont également éligibles (C. trav. art. L 6323-6, II modifié) :
-  les actions de validation des acquis de l'expérience ;
-  les bilans de compétences ;
-  la préparation de l'épreuve théorique du Code de la route et de l'épreuve pratique du permis de conduire des véhicules du groupe léger, la présente loi y ajoutant même les poids lourds ;
-  les actions de formation d'accompagnement et de conseil dispensées aux créateurs ou repreneurs d'entreprises ;
-  les actions de formation destinées à permettre aux bénévoles et aux volontaires en service civique d'acquérir les compétences nécessaires à l'exercice de leurs missions ; notons que, dans ce cas, seul le crédit acquis au titre du compte d'engagement citoyen peut être mobilisé.
À compter du 1er janvier 2019, le salarié doit demander une autorisation d'absence à l'employeur lorsque sa formation est suivie en tout ou partie pendant le temps de travail. L'employeur doit notifier sa réponse dans des délais déterminés par décret (à paraître), l'absence de réponse valant acceptation (C. trav. art. L 6323-17 modifié).
La loi instaure une modalité particulière de mobilisation du CPF en vue de suivre une action de formation visant à changer de métier dans le cadre d'un projet de transition professionnelle (C. trav. art. L 6323-17-1 nouveau). 
Le salarié bénéficie d'un congé spécifique lorsque l'action est suivie durant le temps de travail. 
Pour bénéficier d'un projet de transition professionnelle, le salarié doit justifier d'une ancienneté minimale en qualité de salarié, déterminée par décret (à paraître). Cette condition d'ancienneté n'est toutefois pas exigée pour le travailleur handicapé mentionné à l'article L 5212-13 du Code du travail, ni pour celui qui a changé d'emploi à la suite d'un licenciement pour motif économique ou pour inaptitude et qui n'a pas suivi d'action de formation entre son licenciement et son réemploi (C. trav. art. L 6323-17-2, I nouveau).
La durée du projet de transition professionnelle correspond à la durée de l'action de formation (C. trav. art. L 6323-17-3 nouveau).
En tout état de cause, cette durée ne peut être imputée sur celle des congés payés annuels. Le projet est en outre assimilé à une période de travail pour la détermination desdits congés et à l'égard des droits que le salarié tient de son ancienneté dans l'entreprise (C. trav. art. L 6323-17-4 nouveau).
Comme pour le bénéficiaire d'un congé individuel de formation, le salarié en projet de transition professionnelle a droit à une rémunération minimale. Déterminée par décret (à paraître), cette rémunération est versée par l'employeur, qui est ensuite remboursé par la commission  (C. trav. art. L 6323-17-5 nouveau).
L'article L 6323-8, I du Code du travail est consacré au service dématérialisé gratuit permettant au titulaire d'un CPF de connaître les droits qu'il a acquis, les formations éligibles ou encore les abondements auxquels il peut prétendre. Aujourd'hui, ce service prend la forme d'un portail internet (www.moncompteactivite.gouv.fr).

Pour encourager l'utilisation de ce service, une application mobile devrait être mise en œuvre. 
Source : EFL